La Brasserie Martens enregistre une solide croissance

Vendredi 31 juillet 2020 —

La huitième génération de la famille derrière la Brasserie Martens à Bocholt, a vu son chiffre d'affaires progresser fortement l'année dernière. Néanmoins, la valeur global de l'entreprise, qui produit surtout des marques de distribution pour des chaines de supermarchés, est sous pression. Le résultat d'exploitation est en baisse et les chiffres sont dans le rouge.

Les Brasseurs sont d'ordinaire discrets. Et la Brasserie Martens l'est, si possible, plus encore. La Brasserie, fondée en 1758, est actuellement dirigée par deux représentants de la huitième génération, Jan (57) et Fons (61) Martens. C'est la plus ancienne entreprise familiale de la province de Limbourg.

La Brasserie de Bocholt est la plus grandes du pays après celles d'AB Inbev à Louvain et Jupille. Et en volume, Martens est le deuxième brasseur de Belgique, avec une capacité de production de plus de 4 millions d'hectolitres Martens est spécialisée en bières pour marques propres. Depuis 1962, la brasserie brasse de la pils pour des supermarchés. L'entreprise est l'une des brasseries les plus modernes d'Europe Occidentale pour la production de bière en PET, un conditionnement que le Belge moyen préfère laisser de côté. Plus de 90% de la production est exportée.

L'année dernière, le chiffre d'affaire de la brasserie a augmenté de quelque 18%. "Nous avons progressé de façon sensible tant avec les marques de distributeurs qu'avec notre propre marque Martens Pils, explique le CEO Danny Dresselaerts. "En Europe de l'Ouest, nos marques de distribution ont augmenté d'un cinquième. C'est surtout la conséquence de partenariats avec de nouveaux clients et à l'élargissement de notre portefeuille de marques chez des clients existants. L'exportation de notre propre marque Martens Pils a progressé de 15%, surtout en Amérique Centrale et en Amérique Latine". Les autres marques sont moins orientées à l'exportation. Il s'agit entre autres de la blonde plus forte Sezoens et de la bière d'abbaye Kristoffel. "Nous avons surtout réalisé notre croissance via la bière en canettes et la bière en PET", déclare Danny Dresselaerts.

Outre son siège de Bocholt, Martens a aussi une brasserie en Roumanie. Mais la croissance en volume et en chiffre 'affaires se traduit en une croissance de l'emploi à Bocholt, où en deux ans le nombre de travailleurs est passé à 376 unités, soit une augmentation de 55%. La capacité de production à Bocholt a également progressé. Un investissement de près de 7 millions est prévu, entre autres via un contrat de leasing avec les banques. "Nous avons agrandi notre salle de brassage et élargi nos activités d'embouteillage, avec une deuxième ligne de mise en canettes", explique Danny Dresselaerts.

Malgré cela, les marges bénéficiaires de la Brasserie Martens sont très minces. Les marques de distribution bon marché doivent avoir des volumes élevés pour être un tant soit peu rentables. Le bénéfice d'exploitation diminue pour la troisième année consécutive, malgré le chiffre d'affaires sensiblement plus élevé. Le résultat avant impôts est encore plus maigre en raison des charges financières (plus de 2 millions l'année dernière). Et en net, les chiffres de l'entreprise sont dans le rouge, avec une perte nette de plus d'un demi-million l'année dernière. Les frères Jan et Fons Martens ne se sont dès lors pas attribué de dividendes.

Et ensuite vint la crise Corona. La Brasserie Martens s'attend à un impact, mais ne peut encore le chiffrer pour le moment. En raison de sa stratégie de marques de distribution, le brasseur limbourgeois sera vraisemblablement moins touché que les brasseurs qui sont très dépendants de l'horeca.

Source: Trends